Jeudi, 16 septembre 2010 à 23:49

Immobilisme Québécois

ou Pourquoi un fédé voterait Oui.

La situation identitaire au Québec est préoccupante. Pas parce qu’elle se détériore, pas parce que les Québécois ne se reconnaissent plus. Parce que le Québec s’enlise. Il se retrouve enlisé dans un vil débat politique qui n’avance plus, qui ne souhaite pas reculer. Il est impossible d’avoir une opinion politique, de réfléchir à l’avenir possible sans que l’on vous catégorise. C’est simple. Ici, vous êtes souverainiste ou fédéraliste. Bleu ou rouge. Noir ou blanc. Faites-en l’expérience. Aborder un inconnu ou une nouvelle connaissance. Aborder la politique, la question viendra. Rapidement, beaucoup trop rapidement. Il vous sera demandé si vous êtes souverainiste ou fédéraliste. Avant même la réponse formulée, vous êtes cuits. Impossible de s’en sortir. Si vous vous affichez pour un maintien du Québec au sein du Canada, vous deviendrez un sale riche à la solde des multinationales, un partisan fini du parti Conservateur et un briseur de rêve. De l’autre côté, si vous affichez un mince espoir de voir le Québec s’élancer de ses propres ailes, vous êtes un utopiste, un pauvre, un sale rêveur qui refuse de travailler.

Il serait temps de passer à autre chose. Il existe en ce bas monde des situations beaucoup plus importantes que l’identité québécoise. Malheureusement, il est impossible de faire avancer les discussions, de débattre sur la place publique ou tout simplement de réfléchir sans avoir la hache de la séparation qui ne vous tombe sur la tête. C’est une cause perdue d’avance. Force est de croire que les souverainistes ne lâcheront pas prise. C’est facilement compréhensible, c’est leur rêve, et on doit respecter les rêves.

Le seul moyen de passer par dessus le débat séparatiste et de vraiment recentrer les discussions et les efforts est d’en finir avec la question. Il est temps que le Québec cesse de se regarder le nombril. Il faut regarder vers l’avenir et bâtir. Pour ce faire, donnons le pays que les séparatistes demandent. Donnons-leur ce damné pays pour que les choses avancent. Un troisième référendum perdu ne saurait calmer les troupes et ils ne pourraient s’empêcher de citer leur anciens héros et de murmurer entre eux un : « À la prochaine fois « .

C’est l’un des problèmes majeurs de la question nationale au Québec. Jamais les souverainistes ne lâcheront prisent. Jamais ils n’abandonneront le combat. Ils resteront toujours là, à faire stagner le Québec bien malgré eux. Si l’on veut vraiment choisir une direction pour le peuple québécois, il faudra contenter les souverainistes.

Enfin, les discussions pourront avoir lieu, enfin nous n’entendrons plus : « Oui, mais si on était souverain…« . Enfin, les autres ne seront plus blâmés pour ce qui nous arrive. Enfin, nous pourrons nous exprimer et avoir des opinions sans être catégorisés, sans devoir répondre Pour ou Contre…

God Save the Queen!